
Bien avant que nous n’apprenions à penser, nous avons simplement existé. Le bébé existe, il vibre et ressent une multitude d’émotions et de sensations alors même qu’il n’appréhende pas sa propre existence dans un corps. Il lui faudra du temps avant de faire le lien entre son corps et lui, entre sa conscience et son corps. Donc avant d’exister par son corps il existe en dehors de la conscience qu’il a un corps. Il est dans une innocence primordiale encore relié à quelque chose qu’il va perdre en grandissant. En devenant ce qu’on appelle un Être Humain.
Il y a bien eu un temps où nous avons tous vécu hors de la conscience de la limite du corps et du monde de la pensée. Ensuite nous avons appris à nous défendre contre notre propre douleur parce que cette innocence a été irrémédiablement bafouée. Mais quand on y songe, c’est bien de la puissance de cette innocence que tout est né. C’est notre héritage, la source de notre existence, la source de notre être.
Alors qu’est-ce que cela ferait de retrouver son innocence, la conscience en plus ?Puisque nous savons désormais comment va le monde et comment il nous détourne du feu sacré de notre innocence, qu’est-ce que cela ferait sachant cela, de se reconnecter à elle pour y trouver la force primordiale qui nous reliait au Tout ?
Se réouvrir à cela c’est inévitablement se confronter à une grande blessure mais savoir que la blessure est notre clé pour revenir à ce qu’il y a de plus grand et de plus beau en nous peut nous la faire contempler sous un jour totalement différent.
Si notre plus grande blessure est le gardien du seuil de notre être, notre blessure devient la chose la plus belle à considérer. De la honte et de la peur nous passons à la révérence et à l’amour le plus grand. Car notre blessure n’est rien d’autre que notre innocence bafouée qui demande à nous servir.





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