
Je me suis longtemps demandée pourquoi mes avancées personnelles me faisaient plonger dans des tristesses sans nom. Une fois passé le moment d’exaltation de la compréhension d’un phénomène, la chute derrière était vertigineuse.
Certes je comprenais quelque chose de beau ou de grand mais les autres ne le saisissaient pas en même temps que moi. Je ne parvenais alors ni à le vivre ni à le communiquer pour en faire quelque chose.
Pas encore assez mature ni assez forte pour m’en emparer et construire avec, je redescendais dans le monde quotidien et je flottais. Je me sentais encore plus étrangère au monde, espérant que, de découvertes en découvertes, un bloc devienne assez solide pour constituer une marche prometteuse pour les autres.
Rien de tout ceci ne s’est jamais produit. L’escalier était pour moi seule. Je devais le gravir pour me révéler à moi-même.
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